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Pèleriner en septembre ou en octobre : la vraie meilleure période

7 septembre 20267 minPilgrim

On répète partout qu'il faut « partir en septembre, quand il n'y a plus personne ». Les chiffres du Bureau des pèlerins racontent une autre histoire — et désignent un autre mois.

Le conseil circule dans tous les forums et tous les guides : évitez l'été, partez en septembre. Températures clémentes, gîtes qui se vident, chemins rendus au silence. L'argument est séduisant. Il est aussi, en grande partie, périmé.

L'idée reçue a une génération de retard

Elle datait d'une époque où le pèlerinage restait une pratique confidentielle et où la fréquentation suivait sagement le calendrier scolaire. Ce temps est passé. Le Chemin de Saint-Jacques a accueilli plus de 530 000 pèlerins en 2025, un record, et la courbe monte encore à l'approche de l'année sainte de 2027.

Surtout, la saison s'est déformée. Les marcheurs expérimentés ont fui juillet et août depuis longtemps — et ils se sont tous donné rendez-vous au même endroit.

Ce que disent les chiffres

Voici la répartition mensuelle des arrivées à Saint-Jacques en 2025 :

Mois Pèlerins
Avril 52 400
Mai 74 556
Juin 69 530
Juillet 63 856
Août 73 123
Septembre 76 987
Octobre 57 349
Novembre 10 021

Septembre n'est pas le mois creux de l'après-saison. C'est le mois le plus fréquenté de l'année, devant mai et devant août. Le conseil « partez en septembre, vous serez tranquille » a si bien fonctionné qu'il s'est annulé lui-même.

Octobre, en revanche, tient toujours sa promesse : un quart de marcheurs en moins qu'en septembre, sur des chemins où la différence se voit dès le premier gîte.

Octobre, la fenêtre que presque personne n'utilise

La fréquentation retombe pour de bon. Passé le premier week-end du mois, les groupes organisés se raréfient, les auberges reprennent leur souffle et les tables d'hôtes redeviennent des lieux de conversation plutôt que des cantines.

Les températures deviennent idéales pour marcher. Entre 14 et 20 °C sur la plupart des itinéraires européens : assez frais pour enchaîner les kilomètres sans souffrir, assez doux pour déjeuner dehors. C'est la fourchette que recherchent les randonneurs, et l'été ne l'offre jamais.

Les prix redescendent. Hébergements, transports, locations : la bascule tarifaire de basse saison intervient presque partout début octobre. Le même itinéraire coûte régulièrement 20 à 30 % de moins qu'en août.

Il devient possible d'improviser. C'est peut-être l'argument le plus concret. En haute saison, chaque étape se réserve à l'avance et le pèlerinage se transforme en planning. En octobre, on peut s'arrêter parce que le village est beau, ou marcher deux heures de plus parce que la lumière tient. La marche retrouve sa liberté.

Les paysages sont à leur sommet. Vendanges dans le Sud-Ouest et en Navarre, hêtraies dorées en Galice, brumes du matin sur les causses. Ce sont les semaines que photographient les pèlerins, pas celles de juillet.

Alors, septembre ou octobre ?

Les deux se défendent — pour des raisons différentes.

Partez en septembre si vous cherchez la météo la plus sûre, si vous voyagez avec des personnes âgées ou des enfants, ou si vous appréciez la vie collective du Chemin : les rencontres, les tablées, le sentiment de faire partie d'un mouvement. Le monde n'est pas toujours une nuisance.

Partez en octobre si vous cherchez le silence, si votre budget compte, si vous voulez pouvoir avancer sans réserver, ou si le pèlerinage est d'abord pour vous une affaire intérieure. C'est aussi le meilleur choix pour une première expérience en solitaire.

Et si vous hésitez encore : la première quinzaine d'octobre offre le compromis le plus favorable. La météo tient encore, la foule est déjà partie.

Ce qu'il faut anticiper

L'automne demande deux ou trois précautions que l'été ne réclame pas.

Les jours raccourcissent vite. Fin octobre, la nuit tombe vers 18 h 30 en Europe continentale. Il faut partir tôt, viser des étapes plus courtes, et emporter une lampe frontale — non pas pour marcher de nuit, mais pour ne pas être pris de court.

La pluie devient un paramètre. Octobre est un mois arrosé en Galice, dans les Asturies et sur le versant nord des Pyrénées. Une veste imperméable respirante et une housse de sac ne sont plus optionnelles.

Certains hébergements ferment. Une partie des refuges privés et des accueils saisonniers baisse le rideau entre la fin octobre et la Toussaint. Vérifiez les ouvertures sur votre itinéraire avant de partir, en particulier sur les tronçons de montagne.

Le froid arrive le soir, pas le jour. On marche en t-shirt à 14 h et on grelotte à 19 h. Une couche chaude compacte règle le problème.

Cinq destinations qui donnent le meilleur d'elles-mêmes en octobre

Le Camino Francés, dernier tiers (Sarria → Saint-Jacques). Cinq à six jours, accessible à tous, et la Galice en octobre — brume du matin, châtaigniers, chemins creux — vaut à elle seule le déplacement. C'est aussi le tronçon le plus saturé de l'année en septembre : l'écart entre les deux mois y est spectaculaire.

Assise et la Voie de saint François. L'Ombrie en automne, et la fête de saint François le 4 octobre, qui transforme la ville pendant quelques jours. Comptez une semaine pour relier Assise à Rome par tronçons, ou trois jours autour d'Assise seule.

Lourdes en fin de saison. Les grands pèlerinages diocésains s'achèvent en octobre et le sanctuaire retrouve un calme rare. Pour qui a connu Lourdes en août, c'est une autre expérience : la procession aux flambeaux sans la cohue.

Le Puy-en-Velay et la Via Podiensis. Le départ historique français, et sans doute le plus beau tronçon d'automne de l'Hexagone : l'Aubrac et les causses en octobre, avec des couleurs que l'été aplatit.

Rocamadour. Un pèlerinage court, faisable en week-end prolongé, dans une vallée qui est à son sommet à cette saison. Le bon choix pour une première fois, ou pour partir sans poser de congés.

Partir dans trois semaines : ce qu'il faut régler

C'est largement faisable — c'est même l'un des avantages de la saison.

  • La crédencial (créanciale) si vous visez la Compostela : elle s'obtient auprès des associations jacquaires, de certaines paroisses, ou au point de départ. Comptez quelques jours par courrier.
  • L'équipement pluie et froid : veste imperméable, housse de sac, une couche chaude, lampe frontale. Le reste ne change pas de l'été.
  • Les transports : les liaisons de basse saison sont plus rares sur certains axes, mieux vaut vérifier les correspondances de retour avant de fixer les dates.
  • Les hébergements : inutile de tout réserver, mais repérez les étapes où l'offre est mince et confirmez les ouvertures de fin de saison.

Questions fréquentes

Quel est vraiment le meilleur mois pour partir en pèlerinage ?

Octobre, pour la plupart des profils : bonne météo, fréquentation en net repli, tarifs bas et liberté d'itinéraire. Septembre reste préférable si vous privilégiez la sécurité météo ou la vie collective du chemin.

Fait-il froid en octobre ?

Rarement pendant la marche : 14 à 20 °C en journée sur la plupart des itinéraires. Les soirées et les matins sont frais, d'où l'utilité d'une couche chaude compacte.

Faut-il réserver les hébergements ?

Beaucoup moins qu'en haute saison, et c'est tout l'intérêt. Prévoyez seulement les étapes à faible capacité et vérifiez les fermetures de fin de saison.

Peut-on encore partir en novembre ?

Oui, mais l'expérience change de nature : jours très courts, nombreux hébergements fermés, météo instable. À réserver aux marcheurs déjà aguerris qui cherchent précisément la solitude.


Le meilleur moment pour partir cette année n'est pas derrière vous. Les semaines qui viennent sont les plus favorables de la saison — et il reste de la place.

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